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Par
Gareth
Cartman,
traduit
de l’Anglais
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es
capitales sont cruelles
avec les nouveaux arrivants.
Parlez à n’importe
quel expatrié,
et vous entendrez les
histoires extraordinaires
de leurs premières
semaines en ville –
qui les a aidé,
la première nuit
passée en auberge
de jeunesse, les propriétaires
insistants… Paris
recrache des contes
de fortunes et de malchance
indifféremment.
Le Paris du premier
roman de Roman Payne,
Crepuscule,
est celui de nos pires
et de nos meilleures
histoires.
...Crepuscule
débute dans un
bateau, alors que le
héros David est
expédié
en France dans une caisse
en bois. Malade et souffrant,
David est un Américain
de Seattle avec un passeport
français, et
débarque en Bretagne,
où il est sauvé
par un vieux docker
proche de la retraite.
David parvient finalement
à Paris, où
il se fait voler tout
son argent, et se réveille
dans un hôpital
qui lui demande plus
de 4000 Francs pour
qu’il récupère
son passeport.
...David
échoue chez Odette
Moreaux, un vieux médecin,
et l’un des personnages
les plus tortueux du
livre. Moreaux le drogue,
et profite de sa faiblesse
pour abuser de lui régulièrement.
...L’héroïne
du roman, Nastya, est
danseuse de ballet à
Moscou. Faisant preuve
d’une connaissance
impressionnante de la
culture russe, Payne
tisse ensemble les histoires
de Nastya et de David,
entraînant le
lecteur de ville en
ville, de récit
en récit. Dans
son entreprise, comme
Boulgakov, il utilise
la technique d’un
narrateur bavard et
sympathique.
...Le
chef-d’œuvre
de Boulgakov, Le
Maître et Marguerite,
est une influence importante
sur le premier roman
de Roman Payne. La même
vision centrale du destin
est aussi importante
dans les deux livres
– dans le roman
de Boulgakov, le Maître
est résigné
face à son destin,
tandis que dans Crepuscule,
David et Nastya sont
convaincus que leurs
destins sont à
Paris. L’idée
d’un narrateur
omniscient qui s’adresse
au lecteur n’est
également pas
étrangère
à Boulgakov,
et Roman Payne développe
cette technique lorsqu’il
réprimande le
lecteur de l’avoir
laissé divaguer!
...Nastya
arrive à Paris
à l’invitation
d’un certain «
Monsieur de Chevalier
». Ce gentilhomme
offre à la jeune
fille un toit et une
place à l’Opéra
Garnier, mais Nastya
se rend bientôt
compte qu’elle
a à faire à
un imposteur.
...Les
deux histoires continuent
de se tourner autour,
alors qu’ils mêlent
tragédie et comédie.
Le Paris intemporel
de Payne est à
mille lieues de la vision
saccharinée du
Montmartre d’Amélie
Poulain, et bien plus
proche du Paris d’Hemingway.
En fait, il serait encore
plus juste de rapprocher
le Paris de Payne avec
le Saint-Pétersbourg
de Dostoïevski,
et ses cours délabrées
et fenêtres cassées.
...Le
destin – ou le
narrateur – rapproche
les deux personnages,
tous deux loin de chez
eux, pauvres et sans
logis. Tous deux se
rendent compte qu’un
destin magique les a
réunis : ils
sont partis à
Paris pour se rencontrer.
...La
clôture tragique
du récit apporte
un sombre contraste
à la prose vivante
de Roman Payne. L’auteur
n’a certainement
pas souhaité
que Crepuscule
soit adapté à
Hollywood. Certains
lecteurs peuvent être
surpris par non seulement
la violence, mais aussi
la rapidité du
dénouement.
...Mêlant
imagination, tragédie
et beauté, Crepuscule
est un livre remarquable.
Le talent particulier
de Roman Payne est de
provoquer l’émotion,
de faire plonger son
lecteur des sommets
du ravissement aux tréfonds
du désespoir.
En tant que narrateur
omniprésent,
il dirige sa prose et
accompagne le lecteur
tout le long de l’histoire
jusqu’à
sa conclusion brutale.
...Crepuscule
s’illustre également
par le spectre que le
texte balaye. De Paris
à Moscou, du
Bolchoï à
Saint-Germain, où
l’on croise des
personnages grotesques,
tels que Monsieur de
Chevalier (aussi appelé
Salaudski) et Odette
Moreaux, l’infernale
et ridée généraliste,
la vision et le langage
poétiques de
M. Payne crée
un univers mémorable.
Ne rangez pas Crepuscule
au rayon « lectures
faciles », classez-le
sous « lectures
indispensables ».
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